Courir or not courir ?
"Pour moi, en ce moment, c’est plutôt écrire à défaut de courir. Ça tombe bien, j’arrive à faire les deux et ça m’évite de mourir quand je ne peux plus courir, puisque, selon un célèbre champion de trail, c’est courir ou mourir. Les deux, écrire comme courir, apportent la même force de liberté qui me séduit.
Il me semble qu’on a toujours couru. Même les animaux courent, pour une raison vitale qui ne devait pas nous être étrangère au temps des lions des cavernes. On a couru pour vivre, tout simplement. On peut encore apercevoir, sur un plateau aérien du Kenya ou sur les contreforts de l’Atlas, des hommes aux foulées de vent qui se déplacent avec la grâce de voiliers effleurant les flots, juste pour mener les chèvres ou chercher de l’eau.
Quant au sapiens des pays riches, qui se targue d’avoir tout vu tout fait et de tout dominer, il poursuit une course folle et absurde contre le temps, après les filles, un taxi, derrière un caddie ou après une promotion, pour être devant tout le monde, essoufflé, battant l’air avec ses bras comme un albatros asthmatique-pardon, avec un seul bras, l’autre tenant le sacro-saint téléphone portable" […]
Lisel Dissler
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